Carburants : qu’est-ce qui change pour les prix à la pompe début décembre ?

À partir du 5 décembre 2025, les automobilistes malgaches font face à une nouvelle hausse des prix des carburants à la pompe. L’Office malgache des hydrocarbures (OMH) a annoncé une augmentation de l’essence, du gasoil et du pétrole lampant, dans le cadre du mécanisme d’ajustement automatique instauré en début d’année pour aligner les tarifs sur les coûts internationaux. Les prix du supercarburant et du gasoil augmentent ainsi d’environ 110 ariary par litre, selon plusieurs médias, mettant fin à la relative accalmie observée durant les mois précédents.

L’OMH rappelle que les nouveaux tarifs découlent de deux paramètres : la variation des cours mondiaux des produits pétroliers et l’évolution du taux de change ariary/dollar. En novembre, la hausse des prix internationaux combinée à la dépréciation de la monnaie nationale a renchéri les coûts d’approvisionnement, rendant inévitable une correction à la hausse. Ce mécanisme, négocié avec le FMI, vise à limiter les subventions publiques jugées trop coûteuses pour les finances de l’État, après des années de gel des prix à la pompe.

Concrètement, cette révision se traduit par un surcoût direct pour les ménages et les entreprises. Les transporteurs routiers annoncent déjà des ajustements de tarifs pour les taxis-brousse et le transport urbain, avec un effet en chaîne attendu sur les prix des produits de première nécessité, du fait de l’importance des coûts logistiques dans la formation des prix. Des analyses économiques soulignent que cette hausse intervient à l’approche des fêtes, au moment où les budgets familiaux sont déjà sous tension.

Les autorités mettent toutefois en avant plusieurs arguments pour défendre la réforme. D’une part, le mécanisme automatique est présenté comme plus transparent et prévisible que les décisions ad hoc du passé, qui alimentaient l’accumulation de dettes envers les distributeurs. D’autre part, la fin progressive des subventions doit, selon le gouvernement et le FMI, libérer des marges budgétaires pour les dépenses sociales et les investissements dans des secteurs prioritaires, comme l’électricité ou les infrastructures.

Les critiques se concentrent néanmoins sur l’absence de mesures d’accompagnement suffisamment ciblées pour les populations vulnérables. Des syndicats et associations de consommateurs demandent des compensations temporaires, par exemple via des subventions au transport public ou des programmes de soutien au pouvoir d’achat. La trajectoire des prix au cours des prochains mois, très dépendante de la conjoncture pétrolière mondiale, sera déterminante pour juger de la soutenabilité sociale de ce nouveau système.

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