Contexte : la chute d’Andry Rajoelina
De 2024 à 2025, Madagascar traverse une montée progressive des tensions politiques :
- manifestations répétées, notamment place du 13 Mai ;
- critiques de la gouvernance ;
- pressions économiques et sociales ;
- fortes dissensions entre institutions.
En octobre 2025, une partie importante des forces armées se mutine, dénonçant un “abandon de l’État”. L’Assemblée nationale engage une procédure de destitution. Sous pression et confronté à une rupture institutionnelle, Andry Rajoelina quitte le pays.
Les députés votent ensuite pour le démettre officiellement de la présidence, et un décret le prive de sa nationalité malgache, sanction rare dans l’histoire politique contemporaine.
Ce vide politique ouvre la voie à une transition militaire-civile dirigée par le colonel Randrianirina.
L’émergence du colonel Michael Randrianirina
Officier supérieur de la gendarmerie, le colonel Michael Randrianirina devient la figure centrale du basculement.
Le 17 octobre 2025, il prend officiellement le titre de : “Président de la République et Président du Conseil de la Refondation“.
Sa légitimité repose sur :
- le soutien de la mutinerie militaire ;
- une partie de l’opinion favorable à un changement rapide ;
- la volonté affichée de rompre avec le régime précédent.
Randrianirina annonce immédiatement :
- une transition “courte et stricte” ;
- une refonte institutionnelle ;
- la lutte contre la corruption et les abus de pouvoir.
Nomination du Premier ministre Herintsalama Rajaonarivelo
Le 20 octobre 2025, Randrianirina nomme un Premier ministre civil : Herintsalama Andriamiasy Rajaonarivelo, économiste et ancien patron de la BNI Madagascar.
Son profil séduit par :
- son absence de lien avec Rajoelina ;
- sa réputation de technocrate compétent ;
- sa capacité à dialoguer avec les institutions financières internationales.
Il est chargé de former un gouvernement civil-majoritaire et de proposer une feuille de route économique crédible.
Composition du gouvernement du 28 octobre 2025
Le 28 octobre 2025, un gouvernement de 29 membres est officiellement présenté.
✔ Répartition :
- 25 ministres civils
- 4 ministres militaires ou paramilitaires
- 10 femmes au gouvernement
- 1 ministre d’État
- 1 ministre délégué
✔ Liste des figures identifiées (sources recoupées)
Pôle institutionnel
- Ministre d’État chargé de la Refondation : Hanitra Razafimanantsoa
- Ministre des Affaires étrangères : Christine Razanamahasoa
- Ministre de la Justice : Fanirisoa Ernaivo
Pôle économique et stratégique
- Ministre des Finances : Hery (Herinjatovo) Ramiarison
- Ministre des Mines : Carl Andriamparany
Pôle militaire et sécuritaire
- Ministre de l’Aménagement du territoire & foncier : Général René Lylison
- Ministres militaires :
- Défense
- Sécurité publique
- Gendarmerie
- Aménagement du territoire (Lylison)
(Les noms exacts des trois autres ministres militaires restent non publiés dans les dépêches internationales.)
Michael Randrianirina – Président de la Refondation
Militaire, charismatique et controversé, il incarne une reprise en main par les forces armées. Son discours est axé sur l’ordre, la discipline et l’intégrité.
Herintsalama Rajaonarivelo – Premier ministre
Profil civil et technocratique, il apporte une caution économique. Il est perçu comme un garant pour les bailleurs et les institutions financières.
Christine Razanamahasoa – Affaires étrangères
Ancienne présidente de l’Assemblée nationale, figure de transition politique, elle rétablit les liens diplomatiques fragilisés.
Fanirisoa Ernaivo – Justice
Magistrate et opposante historique à Rajoelina, revenue d’exil, elle symbolise le “nettoyage” judiciaire.
Hanitra Razafimanantsoa – Refondation
Figure de l’opposition, chargée d’un portefeuille clé : la refonte du système politique.
Répartition civils / militaires
La composition du gouvernement reflète un équilibre voulu :
- Civils (25) : majoritaires pour donner une image démocratique
- Militaires (4) : placés sur les ministères sensibles
- Opposition et société civile : intégrées pour la légitimité
- Technocrates : Finances, Mines, Économie
Cet équilibre vise à éviter un gouvernement trop militaire tout en maintenant un contrôle sécuritaire strict.
Missions prioritaires du gouvernement
✔ Rétablir la stabilité
Sécuriser les institutions, calmer les tensions, restaurer l’ordre public.
✔ Assurer les services essentiels
Électricité, eau, carburant, lutte contre les délestages et les pénuries.
✔ Redresser l’économie
Relancer la croissance, maîtriser l’inflation, améliorer la transparence des finances publiques.
✔ Refondre les institutions
- révision constitutionnelle ;
- réforme du système électoral ;
- lutte contre la corruption.
✔ Organiser une élection crédible
Objectif : 18 à 24 mois.
Réactions nationales et internationales
Nationales
- Soutien d’une partie de la population, lassée des conflits politiques.
- Inquiétude de certains partis sur la militarisation du pouvoir.
- Réserves fortes des partisans de Rajoelina.
Internationales
- Réserves de l’Union africaine, de l’ONU et de la SADC.
- Non-reconnaissance immédiate du gouvernement par certains États.
- Appels à des élections rapides et à un respect strict des droits humains.
Prochaines étapes de la transition
- Mise en place d’un calendrier électoral.
- Consultation nationale sur la nouvelle Constitution.
- Installation du Conseil de la Présidence pour la Refondation.
- Évaluation trimestrielle des ministres (menace de remaniement rapide).
- Réformes sectorielles prioritaires (énergie, mines, justice, foncier).
Faits vérifiés (Fact-check)
✔ Destitution d’Andry RajoelinaOui – votée par l’Assemblée nationale en octobre 2025.
✔ Fuite du pays
Oui – il a quitté Madagascar durant la mutinerie.
✔ Déchéance de nationalité
Oui – un décret officiel l’a déchu de sa nationalité malgache.
✔ Nouveau gouvernement formé
Oui – 29 membres, majoritairement civils.
✔ Randrianirina Président
Oui – installé le 17 octobre 2025.
✔ Rajaonarivelo Premier ministre
Oui – nommé le 20 octobre 2025.
Questions fréquemments posées
Qui dirige Madagascar après la destitution d’Andry Rajoelina ?
Le pays est dirigé par le colonel Michael Randrianirina, devenu Président de la République et président du Conseil de la Refondation dès la mi-octobre 2025.
Qui est le Premier ministre du gouvernement de transition ?
Le Premier ministre est Herintsalama Andriamiasy Rajaonarivelo, un technocrate issu du secteur bancaire, choisi pour son profil neutre et économique.
Combien de ministres compose le nouveau gouvernement malgache ?
Le gouvernement compte 29 membres : 25 civils, 4 militaires et 10 femmes.
Quels sont les ministres les plus importants de la transition ?
Parmi les figures clés : Hanitra Razafimanantsoa (Refondation), Christine Razanamahasoa (Affaires étrangères), Fanirisoa Ernaivo (Justice), Hery Ramiarison (Finances) et Carl Andriamparany (Mines).
Quels sont les objectifs prioritaires du gouvernement de transition ?
Stabiliser la situation politique, restaurer les services essentiels, redresser l’économie, refondre les institutions et organiser des élections dans un délai de 18 à 24 mois.
Quelle est la place de l’armée dans le nouveau gouvernement ?
L’armée occupe quatre portefeuilles sensibles, mais la majorité du gouvernement reste civile afin de renforcer la légitimité de la transition.
Sources