L’installation des téléphériques à Antananarivo, Madagascar, progresse malgré quelques défis et retards. La ligne Orange, reliant Anosy à Ambatobe, est en cours de finalisation, avec 80 % des travaux entre Anosy et Soarano achevés début 2024. Les câbles sur cet axe ont commencé à être installés en janvier 2024, et la construction des gares principales à Anosy et Soarano ainsi que des bâtiments à Ankorondrano est bien avancée. Les travaux de construction des gares et parkings à Ivandry, Analamahitsy et Ambatobe sont également en cours.
[Update] Le téléphérique d’Antananarivo entre dans sa phase finale avant ouverture au public.
Les infrastructures principales sont achevées, les essais techniques se sont déroulés durant le sommet de la SADC et la validation par le bureau Veritas est attendue avant la mise en service prévue mi-août 2025. Ce projet vise à désengorger la capitale et moderniser son réseau de transport.
Quels sont les principaux défis rencontrés lors de l’installation des téléphériques à Madagascar ?
Les principaux défis incluent les contestations de la population concernant le tracé initial, le coût élevé du projet (152 millions d’euros), et les retards sur le calendrier initial. Les critiques ont notamment porté sur le passage prévu par la colline sacrée d’Andohalo, suscitant des oppositions des défenseurs du patrimoine. De plus, des défis techniques liés à la topographie vallonnée de la capitale ont compliqué l’implantation des infrastructures.
Le projet de téléphérique pourrait affecter le patrimoine historique d’Antananarivo, notamment la colline sacrée d’Andohalo. Le tracé initial prévoyait l’installation de pylônes près de la cathédrale et du Palais de la Reine, ce qui pourrait défigurer et fragiliser ces sites. Les défenseurs du patrimoine craignent également que cela compromette le statut de patrimoine mondial de l’UNESCO pour le centre historique. En réponse aux critiques, le gouvernement a reconnu la nécessité de revoir le tracé pour minimiser l’impact sur les zones sensibles.
Quels sont les avantages environnementaux du téléphérique par rapport aux autres modes de transport ?
Les téléphériques urbains présentent plusieurs avantages environnementaux, notamment des émissions réduites de gaz à effet de serre et de polluants. Ils utilisent une propulsion électrique, souvent compatible avec les énergies renouvelables, réduisant ainsi leur empreinte carbone. La construction de téléphériques nécessite moins de terrassements et d’altérations du paysage, préservant les écosystèmes locaux. De plus, en étant aériens, ils libèrent de l’espace au sol et ne génèrent pas de nuisances sonores, offrant une solution de mobilité durable pour les villes denses.
Quelles sont les principales étapes de l’installation des téléphériques ?
L’installation des téléphériques comprend plusieurs étapes clés :
- Préparation du terrain : Études techniques et géologiques, acquisitions foncières, et viabilisation des accès.
- Construction des gares et des pylônes : Réalisation des fondations, érection des pylônes, et construction des gares.
- Installation des câbles et des cabines : Mise en tension des câbles porteurs et tracteurs, installation des cabines.
- Tests et mise en service : Tests statiques et dynamiques, formation du personnel, et mise en service après validation.
Quels sont les tracés et stations desservis par la ligne orange ?
La ligne orange reliera sept stations clés de la capitale sur 8,6 km.
Le tracé part d’Anosy et dessert successivement Soarano, Antanimena Fraise, Ankorondrano, Ivandry, Analamahitsy et Ambatobe. Ce réseau, soutenu par 51 pylônes, permettra de relier des zones administratives, commerciales et résidentielles en moins de 30 minutes.
Quel est le coût d’un trajet pour les usagers ?
Le prix du billet devrait se situer autour de 3 000 ariary.
Les autorités prévoient une tarification comprise entre 3 000 et 4 000 ariary, avec des formules adaptées à certaines catégories comme les étudiants, les personnes âgées ou les patients nécessitant un déplacement régulier.
Comment le projet intègre-t-il la transition énergétique ?
Une centrale solaire viendra alimenter le téléphérique dans les prochains mois.
Si l’infrastructure fonctionne actuellement avec des groupes électrogènes, une installation photovoltaïque est en cours à Tsarasaotra afin de réduire l’empreinte carbone et sécuriser l’approvisionnement électrique.
Quels bénéfices attendus pour la mobilité urbaine ?
Ce mode de transport vise à réduire la congestion et améliorer la fluidité des déplacements.
En connectant rapidement plusieurs quartiers stratégiques, le téléphérique devrait contribuer à diminuer le temps de trajet, offrir une alternative aux taxis et bus saturés, et améliorer la qualité de vie des habitants.
Quelle est l’opinion des habitants d’Antananarivo sur le téléphérique ?
Une partie importante de la population exprime des réserves face au projet de téléphérique d’Antananarivo. Les critiques portent sur le tracé initial, jugé intrusif pour des sites historiques comme la colline d’Andohalo, ainsi que sur le prix du billet, estimé entre 3 000 et 4 500 ariary, considéré comme élevé pour une majorité de ménages. De nombreux habitants estiment également que les fonds investis devraient prioriser des besoins urgents tels que les infrastructures de base ou l’accès à l’électricité. Enfin, plusieurs voix appellent à une concertation plus large afin d’intégrer les préoccupations citoyennes et préserver le patrimoine culturel.
« Ce serait défigurer la ville et mettre en danger des lieux historiques. », Ancien élève du collège Saint-Michel, Antananarivo.
« Avec ce prix, ce transport ne sera pas pour nous mais pour les touristes ou les plus riches. », Commerçante du centre-ville.
« On aurait dû commencer par réparer les routes et améliorer les bus avant de penser à un téléphérique. », Chauffeur de taxi-brousse.