La CEM peut-elle calmer la crise après les pillages de septembre 2025 ?
Après les violences et pillages à Antananarivo et Antsirabe, la Conférence des évêques de Madagascar appelle les responsables politiques à répondre à la détresse sociale par l’écoute, le dialogue et la protection des plus fragiles. Tout en condamnant les atteintes aux personnes et aux biens, elle plaide pour l’unité nationale et le maintien de l’espérance.
- La CEM, depuis Tolagnaro, alerte sur un malaise national mis en lumière par les violences à Antananarivo et Antsirabe.
- Les évêques demandent aux responsables du pouvoir et de l’opposition de prioriser l’écoute et des réponses concrètes.
- Ils condamnent fermement les violences, les meurtres, les destructions et les pillages, et expriment leur soutien aux victimes.
- Les troubles sont liés à des protestations contre les coupures d’électricité et d’eau, suivies de pillages malgré un couvre-feu 19 h–5 h.
- La CEM appelle au dialogue, à la réconciliation et à l’unité pour éviter une aggravation de la crise.
Que signale la CEM après les troubles d’Antananarivo et d’Antsirabe ?
La Conférence des évêques de Madagascar estime que la crise actuelle révèle un malaise profond et appelle à une réponse collective centrée sur les plus vulnérables.
Réunis à Tolagnaro, à l’occasion d’un temps fort pour le diocèse local, les évêques catholiques ont rendu publique une déclaration à la suite des violences observées à Antananarivo et à Antsirabe. Le message, lu par le président de la CEM, Mgr Fabien Raharilamboniaina, présente la situation comme le symptôme d’une souffrance nationale déjà signalée à plusieurs reprises.
Les prélats affirment que les difficultés quotidiennes vécues par une partie de la population ne peuvent plus être traitées comme des signaux secondaires. Leur prise de parole vise à replacer l’urgence sociale au centre des priorités.
Quel avertissement est adressé aux acteurs politiques ?
Les évêques demandent au pouvoir comme à l’opposition de faire de l’écoute et de l’action concrète un réflexe face à la détresse.
La CEM insiste sur la responsabilité des dirigeants, quelle que soit leur appartenance, et les exhorte à considérer la réalité des ménages touchés par la précarité. L’appel met l’accent sur la nécessité d’entendre ceux qui vivent les conséquences les plus lourdes de la crise.
Dans cette logique, le message privilégie le dialogue et la recherche d’apaisement, en invitant à des décisions guidées par l’intérêt général plutôt que par l’affrontement.
Comment l’Église qualifie-t-elle les violences et les pillages ?
La CEM condamne sans ambiguïté les attaques contre les personnes et les biens, jugées inacceptables quelles que soient les circonstances.
Les évêques expriment leur solidarité envers les familles endeuillées et celles dont les biens ont été détruits. Ils rappellent que la protection de la vie humaine et le respect de la propriété doivent rester des principes non négociables, même en période de tension.
Ils appellent également à soutenir les victimes et à éviter les logiques de vengeance, afin de prévenir une aggravation de la fracture sociale.
Quels éléments ont alimenté la montée des tensions dans les deux villes ?
Les troubles sont survenus sur fond de contestation liée aux coupures d’électricité et d’eau, avec des affrontements puis des scènes de pillage.
À Antananarivo, des heurts ont opposé forces de défense et de sécurité à des manifestants mobilisés contre les délestages et les interruptions d’approvisionnement en eau. La soirée a été marquée par des pillages dans plusieurs quartiers, malgré un couvre-feu décidé par le préfet (de 19 h à 5 h).
Un schéma comparable a été rapporté à Antsirabe, renforçant l’idée d’une crise qui dépasse un seul territoire et interroge la capacité des institutions à prévenir les débordements.
Sur quoi repose l’appel à l’unité et à l’espérance ?
Les évêques plaident pour une cohésion nationale, estimant que la division ferait courir un risque majeur au pays.
Dans leur déclaration, Madagascar est présenté comme un navire exposé, qui ne peut tenir qu’à condition que ses citoyens se soutiennent et refusent la logique de confrontation permanente. La CEM réaffirme ainsi la nécessité d’une solidarité active, en particulier envers ceux qui subissent le plus la crise.
Malgré les événements, les prélats maintiennent un message d’espérance, invitant la population à reconstruire un horizon commun à partir de la foi et du respect mutuel.